Précurseurs du genre connus en France

 

 

Sailor Moon

Bien qu'ayant subi les foudres de la censure de plein fouet, (car le thème de l'homosexualité aurait pu choquer un jeune public) l'anime Sailor Moon se focalise le temps de quelques épisodes sur l'une des relations yuri les plus accomplies et appréciées des fans du genre, le couple Haruka-Michiru qui apparaît au cours de la saison 3. Leur relation est équilibrée, sans aucune dominance, ce qui est assez rare dans le yuri. Néanmoins, la censure étant ce qu'elle est, les passages TV ont fait que cette merveilleuse relation a pu échapper à certains. En effet, le doublage français pour cacher cette relation a usé d'un stratagème pour faire croire que lorsqu'elle n'était pas en Sailor, Haruka devenait un homme comme les autres en lui donnant une voix masculine.

Résumé: Usagi Tsukino (Bunny) est une jeune collégienne des plus enjouée, assez tête en l'air et jamais à l'heure. Mais un jour son train-train quotidien est bouleversé lorsqu'elle décide d'aider un chat qui se fait maltraiter par des petits garçons. Ce chat du nom de Luna, serait originaire de la lune et à la recherche d'une mystérieuse princesse qui se serait réincarnée sur Terre. Pour remercier Bunny, de sa gentillesse, Luna lui offre un bâton magique lui permettant de se transformer en une magical girl aux pouvoirs surprenants: Bunny devient dès lors Sailor Moon mais doit garder cette identité secrète.
S'en suit alors des aventures où Bunny doit combattre les forces du mal, elles aussi à la recherche de la princesse et de son joyau aux grands pouvoirs: le Cristal d'argent. Mais Bunny ne sera pas seule, car outre l'homme masqué qui surgit de nulle part pour la secourir lorsqu'elle se trouve dans de mauvaises situations, d'autres sailors rencontrées une par une, viendront compléter la future équipe.

Critique: Sailor Moon est à l'origine un manga shôjo de Naoko Takeuchi mêlant ingénieusement les genres magical girl et sentai. L'animation n'est pas désagréable pour l'époque, les chorégraphies travaillées apportent un plus à l'ensemble. On déplore juste que certains personnages ne soient pas suffisamment fouillés à l'instar de l'héroïne (pourtant en 200 épisodes, il y avait de quoi faire) . Les épisodes ne sont pas tous indispensables à la compréhension de l'histoire, ça tire beaucoup en longueur, et les saisons sont inégales sur le plan scénaristique. La romance propre au shoujo prend souvent trop le pas sur les différentes intrigues. On peut affirmer aussi sans réserves que l'anime comporte plus d'éléments shoujo-ai que le manga, étant donné que l'un des réalisateurs de la série n'est autre que Kunihiko Ikuhara, connu pour sa préférence des animes contenant du shoujo-ai et estimant qu'ainsi la relation ne dépasse pas les autres éléments de l'histoire à l'inverse d'une relation hétérosexuelle qui finit toujours par empiéter sur le reste.


Utena la fillette révolutionnaire
Oeuvre d'un véritable projet, Utena, d'abord décliné en manga mais plus connu sous son adaptation télévisuelle, est un des premiers animes montrant clairement une héroïne aimant une autre femme. Le réalisateur qui est aussi à l'origine du projet est Kunihiko Ikuhara qui, après Sailor Moon, a enfin pu créer l'histoire shoujo-ai qu'il voulait. Diffusée sur Game One en version originale sous-titrée français, la série n'a pas été tronquée par la censure mais a peut-être été diffusée trop tôt pour le public français, pas encore familiarisé avec le genre. Par conséquent, même si la série obtient un succès critique, le public est assez restreint.
Résumé: Utena Tenjo, qui a perdu ses parents très jeune, a failli se laisser mourir quand un mystérieux homme tel un prince est venu la sauver. Mais avant de partir, le prince lui offre une bague orné d'une rose en souvenir de leur rencontre. Aujourd'hui, Utena est collégienne à l'académie Ohtori mais n'a pas oublié ce prince, au point de chercher à devenir elle-même un prince au cœur noble. Un jour, elle surprend une dispute entre Anthy Himemiya et Kyouichi Saionji (membre du conseil des élèves). Ce dernier giflant la jeune fille, réveille l'esprit princier d'Utena qui met Saionji au défi sans se douter de ce qui l'attend réellement. En effet, Anthy est la fiancée de la rose, c'est à dire du vainqueur des duels organisés par le conseil des élèves pour obtenir le pouvoir de révolutionner le monde. En remportant son duel Utena se retrouve "fiancée" à Anthy qui se dévoue au vainqueur du duel. Cela va à l'encontre de valeurs d'Utena qui va devoir se battre malgré elle.

Critique: Utena est une œuvre empreint de symboles dont l'intérêt ne se limite pas au shoujo-ai, loin de là. Utena va plus loin et n'hésite pas à choquer en explorant de nombreux problèmes de société plus ou moins tabous tels que l'inceste. On est loin du shoujo classique qu'il donnait l'impression d'être au début de la série. Utena se sert des codes du genre pour mieux les retourner, un à un avec ingéniosité. Le symbolisme présent tout au long de la série donne lieu à de nombreuses discussions et réflexions sur de nombreux thèmes. L'ambiance presque théâtrale donne une impression d'irréel dans ce monde où vivent ces jeunes craignant le passage à l'âge adulte, à la recherche de l'éternelle adolescence, fuyant les responsabilités et la réalité du monde.
Le défaut d'Utena vient peut-être de son animation ou pour être plus précis de son chara-design particulier qui peut en rebuter plus d'un.
 
 
 
 

 

 

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