Retard ou préjugés dans l'animation

 

 

Les éditeurs se multiplient mais les licences yuri en restent au même point dans l'animation. Dybex et Kaze s'y sont intéressés mais avec des risques. C'est avec la série Utena que démarre véritablement l'aventure yuri. D'abord avec Dybex qui sortira la série en VHS et obtiendra une diffusion sur Game One. Ensuite avec Kaze qui ressortira la série en DVD. Et bien qu'Utena ait sa communauté de fans français, le public reste restreint aux fans du genre et aux quelques amoureux d'animation qui ont apprécié le particularisme de la série, et ont su dépasser un design pas très attirant de prime abord. D'autant que la série n'ayant jamais été doublée, cela limite une ouverture vers un plus grand public. A ce jour où la majorité des séries sont doublées, on aurait pu espérer un possible doublage mais la sortie du film Utena, apocalypse de l'adolescence en édition Prestige, en VOSTF seule, laisse croire que les éditeurs ne jugent pas le genre suffisamment vendeur pour risquer les coûts d'un doublage (ou alors le souci viendrait des thèmes tabous d'Utena ?).
Certes, certains parleront de My Hime chez Beez ou El Hazard chez Kaze. Cependant, le yuri n'est pas le thème principal. Cela reste un amour à sens unique dans My Hime par exemple ou un élément comique dans El Hazard OAV. Néanmoins, c'est peut-être avec des animes comme My Hime qui présente le yuri sans trop d'insistance mais avec crédibilité et des personnages complexes, que le yuri aura de nouveaux fans.
D'autant que Dybex a annoncé la licence de The Destiny of Shrine Maiden (Kannaduki no Miko), un triangle amoureux peu commun puisque une fille et un garçon aiment une autre fille, cela dans une ambiance mecha et mystique avec monstres et prêtresses. Le mélange de tous ces genres (romance, surnaturel, etc. ) n'est pas forcément homogène, les mechas peuvent sembler inutiles vu la rapidité des combats et le yuri suffisamment explicite pour mériter une interdiction aux moins de 13 ans. Ce qui engendre la crainte que la série ne soit pas doublée non plus, faute de public assez large.
Enfin, reste le cas particulier de Vandread diffusé par AB. Particulier car, de mémoire il existait une censure sur les parents de Meia (l'une des mères était tel un homme, ainsi que sa voix) et le doublage catastrophique avec des voix changeantes, perturbait le spectateur. Bien sûr, il y a présence de couples yuri mais, encore une fois, pas assez développés ou présents pour satisfaire les admirateurs du genre. Surtout que l'existence de ces planètes entièrement peuplés d'hommes ou de femmes, n'est qu'une image concrète sur le fossé qui sépare les deux sexes. Le yuri est ici substantiel.
Mais avec un marché de l'animation toujours plus difficile pour les éditeurs, le yuri tel que nous le désirons pourra-t-il s'imposer ? Sachant que le genre s'adresse en premier lieu aux hommes (qui achètent moins que les femmes) ou aux lesbiennes (pas suffisamment nombreuses), les femmes étant quant à elles plus attirées par le yaoi (rares sont celles qui apprécient le yuri).
The Destiny of Shrine Maiden (Kannaduki no Miko)
 
 
 
 
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